La tour du XIIe siècle qui domine encore le domaine rappelle l'ancienneté de Laroque — l'un des rares châteaux bordelais à conserver un vestige médiéval intégré à son vignoble. Le château tel qu'on le connaît aujourd'hui est une reconstruction du XVIIe siècle commandée par le marquis de Rochefort-Lavie, qui lui vaut le surnom de Petit Versailles. Sous leur règne, le domaine atteint près de 270 hectares, puis 130 hectares encore sous le Second Empire.
La crise de 1929 met fin à cette période de splendeur. Les maladies de la vigne, les guerres et la dépression économique laissent le domaine à l'abandon. Le tournant survient en 1935 : la famille Beaumartin rachète Laroque et entreprend des travaux considérables pour lui restituer son rang. Le vignoble est intégralement replanté à partir de 1962.
En 1982, Bruno Sainson prend la direction technique. Sa vision porte ses fruits : en 1996, Laroque intègre le classement officiel des Grands Crus Classés de Saint-Emilion. Xavier Beaumartin reprend les rênes en 2004, puis cède la direction en 2018 à son neveu Stanislas Droin. La même année, la distribution passe par la place de Bordeaux, ouvrant Laroque à une diffusion internationale en primeurs.
La révolution qualitative s'accélère en 2015 avec l'arrivée de David Suire, brillant œnologue associé de Nicolas Thienpont, jusqu'alors responsable technique de Larcis-Ducasse. Depuis, chaque millésime de Laroque affiche une précision et une tension acide qui caractérisent les grands terroirs calcaires. Le classement 2022 confirme sa place parmi les Grands Crus Classés de l'appellation.

